THE VERTEX.
Retour à l'accueil
SOCIETY20 mars 2026

La Tunisie fait taire sa championne anti-raciste : le prix de la vérité au pouvoir

L'activiste tunisienne anti-raciste Saadia Mosbah a été condamnée à huit ans de prison, illustrant la dérive autoritaire du pays et soulevant des inquiétudes quant à l'avenir des libertés civiles en Afrique du Nord.

La
La Rédaction
The Vertex
Lecture 5 min
La Tunisie fait taire sa championne anti-raciste : le prix de la vérité au pouvoir
Source: www.bbc.com
Dans un verdict glaçant qui a secoué la société civile, l'activiste tunisienne anti-raciste Saadia Mosbah a été condamnée à huit ans de prison pour son engagement en faveur des migrants et des communautés marginalisées. La sentence, prononcée par un tribunal tunisien, représente une escalade dramatique dans la répression gouvernementale de la dissidence et soulève de sérieuses questions sur l'état des droits humains dans ce pays d'Afrique du Nord. Mosbah, fondatrice de l'organisation M'nmty (Mon Rêve), a longtemps été une épine dans le pied de l'establishment politique tunisien. Son activisme a gagné en visibilité suite aux propos controversés du président Kais Saied en 2023, suggérant que les migrants subsahariens représentaient une menace démographique pour la Tunisie. En réponse, Mosbah a intensifié ses campagnes contre la discrimination raciale et pour les droits des migrants, organisant des manifestations et apportant son soutien aux communautés affectées. Cependant, son engagement sans faille envers ces causes semble en avoir fait une cible. Les accusations portées contre Mosbah, que ses partisans qualifient de motivées politiquement, incluent notamment la subversion de la sécurité de l'État et la propagation de fausses informations. Les organisations de défense des droits humains ont dénoncé ce verdict comme faisant partie d'un schéma plus large de répression sous le règne de plus en plus autoritaire de Saied. Ce cas ne concerne pas seulement le sort d'une seule activiste, mais reflète les tensions croissantes entre la société civile et un appareil étatique de plus en plus intolérant. La Tunisie, autrefois saluée comme le seul succès démocratique du Printemps arabe, se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins. Les actions du gouvernement contre des figures comme Mosbah suggèrent un recul inquiétant par rapport aux libertés durement acquises des premières années de la révolution. La communauté internationale doit maintenant se demander comment réagir à cette régression. La pression diplomatique et le levier économique seront-ils suffisants pour inverser le déclin démocratique de la Tunisie, ou assistons-nous aux dernières étapes d'une expérience démocratique qui avait commencé avec tant de promesses il y a dix ans ?