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INTERNATIONAL4 mai 2026

L’Héritage d’une Loi des Années 1930 dans la Surveillance Numérique

Le DHS a invoqué une loi commerciale des années 1930 pour contraindre Google à fournir les données d’activité et de localisation d’un Canadien après ses critiques anti‑ICE. Cet épisode révèle l’extension extraterritoriale de la surveillance américaine et ses implications pour la vie privée et la liberté d’expression.

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La Rédaction
The Vertex
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L’Héritage d’une Loi des Années 1930 dans la Surveillance Numérique
Source: www.wired.com
En réponse à des posts sur X dénonçant les meurtres de Renee Good et Alex Pretti, le Department of Homeland Security a invoqué la loi commerciale de 1933 (Trading with the Enemy Act) pour contraindre Google à divulguer l’activité en ligne et la localisation précise d’un citoyen canadien, dont le séjour aux États‑Unis dépasse depuis plus d’une décennie. La Trading with the Enemy Act, conçue à l’origine pour sanctionner les échanges avec des États ou des organisations considérés comme hostiles, possède une rédaction suffisamment large pour englober toute forme de soutien matériel ou idéologique. En l’appliquant à une dénonciation en ligne, le DHS montre comment une norme économique de la Grande Dépression peut être réinterprétée comme instrument de contrôle interne, transformant une simple expression d’opinion en motif légal d’intrusion dans le numérique privé. Cette extrapolation menace l’intimité des usagers, en particulier lorsqu’elle s’exerce extraterritorialement contre des résidents permanents hors du territoire américain, et soulève la question de la légitimité d’une agence de sécurité qui s’appuie sur un texte de soixante‑dix ans. Ce recours s’inscrit dans une continuité historique où chaque crise sécuritaire a entraîné l’expansion du cadre législatif d’exception. Après le Patriot Act, la CLOUD Act et les révélations sur les programmes de surveillance de masse, le gouvernement américain utilise de plus en plus des outils législatifs anciens, souvent rédigés dans un contexte très différent, pour justifier des actions qui visent le contrôle de l’information et la localisation des individus, même lorsqu’ils ne sont pas physiquement présents sur le sol national. À l’avenir, la communauté juridique et les législateurs seront confrontés à la nécessité de redéfinir les limites de cette loi antiquée, d’instaurer des garde‑fous juridiques clairs et de garantir une transparence accrue quant aux demandes de données transfrontalières. Sans réformes, le risque d’une militarisation du droit privé et d’une atteinte permanente à la vie privée s’accentuera, compromettant les principes démocratiques fondamentaux.