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SOCIETY13 avril 2026
Le Zona : L'Épidémie Silencieuse Qui Nous Menace
Le zona touche une personne sur trois aux États-Unis mais reste sous-estimé. Au-delà des éruptions douloureuses, il augmente le risque d'accident vasculaire cérébral de 59% et cause des lésions nerveuses chroniques. Avec un vaccin très efficace disponible mais sous-utilisé, cette épidémie silencieuse exige une attention urgente de la santé publique.
La
La Rédaction
The Vertex
Lecture 5 min

Source: www.wired.com
Alors que le monde concentre son attention sur les pandémies émergentes, une crise de santé publique bien plus insidieuse dévaste silencieusement des millions de personnes. Le zona, causé par la réactivation du virus varicelle-zona qui reste dormant dans les tissus nerveux après la varicelle, affecte environ une personne sur trois aux États-Unis au cours de sa vie. Pourtant, les taux de vaccination restent obstinément bas, avec seulement 35% des adultes éligibles recevant le vaccin Shingrix.
Les conséquences vont bien au-delà de l'éruption douloureuse caractéristique. Des recherches publiées dans le Journal of Infectious Diseases révèlent que les patients atteints de zona présentent un risque accru de 59% d'accident vasculaire cérébral dans l'année suivant le diagnostic. L'attaque du virus sur les fibres nerveuses peut déclencher la névralgie post-zostérienne, une condition de douleur chronique qui persiste pendant des mois, voire des années, après la disparition des symptômes visibles. Pour les personnes âgées, cette combinaison de dommages neurologiques et de risque cardiovasculaire crée une tempête parfaite de complications de santé.
Une analyse économique des CDC estime que le zona coûte au système de santé américain plus d'un milliard de dollars par an en dépenses médicales directes seulement. Lorsqu'on prend en compte la perte de productivité et la réduction de la qualité de vie, le fardeau réel dépasse probablement plusieurs milliards de dollars. Malgré ces chiffres stupéfiants, la sensibilisation du public reste étonnamment faible, beaucoup considérant le zona comme une simple condition inconfortable mais temporaire.
La solution existe mais reste sous-utilisée. Le vaccin Shingrix, introduit en 2017, démontre une efficacité supérieure à 90% pour prévenir le zona et ses complications. Pourtant, l'hésitation vaccinale, couplée à une communication limitée en santé publique, a empêché une adoption généralisée. À mesure que les populations vieillissent et que l'immunité décline naturellement, la fenêtre d'intervention se rétrécit. La question n'est plus de savoir si le zona constitue une urgence de santé publique, mais si la société agira avant que la prochaine vague de souffrance évitable ne commence.