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SOCIETY8 juin 2026
L'IA, nouveau coparental : les « momfluencers » contestent le rôle traditionnel du père
Les « momfluencers » utilisent l’IA pour automatiser les tâches domestiques et parentales, affirmant que les algorithmes sont plus fiables que les pères. Cette évolution interroge l’équité des genres, la monétisation du travail domestique et l’avenir des structures familiales.
La
La Rédaction
The Vertex
Lecture 5 min

Source: www.wired.com
Les « momfluencers » réinventent la division des tâches domestiques en présentant l’intelligence artificielle comme un coparental plus fiable que le père traditionnel. Dans leurs publications sponsorisées et leurs formations en ligne, elles affirment que les algorithmes peuvent gérer les rituels du coucher, arbitrer les disputes entre frères et sœurs et même rédiger les courriels scolaires, offrant ainsi une solution technologique au déséquilibre de charge mentale qui pèse majoritairement sur les femmes.
Elles monétisent cette promesse via des abonnements qui enseignent aux mères comment intégrer les modèles de langage dans le quotidien. En présentant les chatbots comme des partenaires impartiaux, elles évitent la pression sociétale qui attend des pères qu’ils assument une part équitable de la charge mentale, tout en créant un nouveau créneau où contenu, influence et technologie se conjuguent. Le calcul économique est simple : un petit frais mensuel peut remplacer des heures de travail non rémunéré, rendant l’IA particulièrement attractive pour des parents aux emplois du temps chargés.
Ce phénomène s’inscrit dans la mutation des familles post‑industrielles où les deux partenaires travaillent, mais où la répartition des tâches domestiques reste largement inégale. Historiquement, le rôle du père était perçu comme celui du pourvoyeur, tandis que les responsabilités maternelles restaient invisibles. L’essor des influenceurs, associé à l’engouement pour l’IA générative, propose une narration rassurante : la technologie peut automatiser les dimensions émotionnelles et logistiques du parentage, qui échappent aux politiques publiques telles que le congé paternité payé.
À l’avenir, la viabilité de l’IA comme coparental dépendra de cadres éthiques robustes, de la protection des données et de l’existence d’incitations sociales favorisant le partage réel des responsabilités. Si la tendance se poursuit sans régulation, elle risque de transformer le parentage en produit commercial, mais elle pourrait aussi stimuler une répartition plus équitable du travail, à condition que les outils numériques s’accompagnent d’un changement culturel plutôt que de le remplacer.