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INTERNATIONAL3 mai 2026
Comment l’axe Iran‑Russie renforce inattenduement l’Ukraine avant un possible cessez‑le‑feu
La visite de Zelensky au Golfe et la coopération Iran‑Russie renforcent la position de l’Ukraine, ouvrant la voie à un cessez‑le‑feu plus probable.
La
La Rédaction
The Vertex
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Source: www.bbc.com
Le président Volodymyr Zelensky s’est récemment rendu dans les États du Golfe, à l’image d’une visite remarquée aux Émirats arabes unis, témoignant d’une stratégie diplomatique qui dépasse la simple rhétorique.
Premièrement, la coopération accrue entre Téhéran et Moscou a contraint l’Ukraine à diversifier ses chaînes d’approvisionnement. Les drones iraniens, autrefois un fardeau, ont poussé Kyiv à accélérer la production locale et à rechercher des sources alternatives en Europe et aux États-Unis, réduisant ainsi la dépendance à un seul fournisseur. Deuxièmement, le renseignement partagé entre l’Iran et la Russie a ouvert des canaux limités pour les alliés occidentaux, améliorant la précision des frappes ukrainiennes et l’efficacité des sanctions. Troisièmement, la pression accrue des sanctions et de l’isolement diplomatique sur l’Iran a libéré des ressources militaires russes, permettant à Kyiv de consolider ses gains sans menace de front multiple. En outre, cette interdépendance crée des opportunités de coopération technique entre Kyiv et ses partenaires occidentaux, renforçant la résilience de l’effort de guerre.
Ce dynamisme s’inscrit dans une longue dynamique où les rivalités régionales redéfinissent les calculs des grandes puissances. La Révolution iranienne de 1979 et l’hostilité américaine qui a suivi ont créé une fissure que l’Union soviétique a exploitée ; aujourd’hui, la convergence des intérêts iraniens et russes rappelle cette logique de la Guerre froide, mais dans un ordre multipolaire où l’Europe, le Golfe et l’Indo‑Pacifique rivalisent pour l’influence. Cette situation rappelle que les conflits régionaux peuvent devenir des leviers stratégiques pour des acteurs éloignés.
La perspective d’un cessez-le-feu dépendra de l’évolution de l’axe Iran‑Russie. Si l’isolement de Téhéran s’accentue, Moscou pourra être contraint de négocier à partir de la faiblesse, offrant à Kyiv une opportunité de sceller une paix durable. À l’inverse, un regain de soutien iranien pourrait prolonger le conflit.