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INTERNATIONAL11 mars 2026

L'Échiquier iranien : Quand l'histoire américaine se répète au Moyen-Orient

L'appel de Trump à un soulèvement iranien rappelle étrangement l'encouragement de George H.W. Bush aux rebelles irakiens en 1991, soulignant le dangereux fossé entre le soutien rhétorique et l'action concrète dans la politique américaine au Moyen-Orient.

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La Rédaction
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L'Échiquier iranien : Quand l'histoire américaine se répète au Moyen-Orient
Source: www.bbc.com
Lorsque le président Trump a appelé à un soulèvement contre le régime iranien, il a involontairement ravivé un précédent de la guerre du Golfe qui devrait donner des sueurs froides à Washington. En 1991, le président George H.W. Bush avait encouragé les chiites et les Kurdes irakiens à se rebeller contre Saddam Hussein, pour finalement assister impuissant à l'écrasement brutal de la rébellion par les forces américaines. Le parallèle est saisissant et inquiétant. Tout comme en 1991, la rhétorique de Trump a suscité l'espoir parmi les dissidents iraniens sans offrir de soutien concret. L'administration semble poursuivre une stratégie de pression maximale par le biais de sanctions et d'isolement diplomatique, espérant que le mécontentement interne renversera le régime. Pourtant, l'histoire suggère que de telles approches se retournent souvent contre leurs auteurs, renforçant les durs qui peuvent présenter l'ingérence étrangère comme justification à la répression. Ce schéma reflète un défi persistant de l'Amérique au Moyen-Orient : le fossé entre le soutien rhétorique aux mouvements démocratiques et la volonté politique de s'engager militairement. Les conséquences de ce décalage étaient visibles dans la décennie suivante d'instabilité en Irak, et plus tard dans les résultats mitigés du Printemps arabe. Pour l'Iran, les enjeux sont particulièrement élevés. Le régime fait face à une pression économique réelle due aux sanctions, mais aussi à des griefs domestiques légitimes concernant la corruption et la mauvaise gestion économique. La question est de savoir si la pression extérieure catalysera une réforme pacifique ou provoquera un backlash nationaliste qui enracinera les structures de pouvoir actuelles. La leçon de 1991 n'est pas que l'Amérique devrait intervenir militairement en Iran, mais plutôt que la politique étrangère exige une cohérence entre les mots et les actes. Les appels vides à la révolution sans soutien stratégique risquent de créer le chaos sans changement, laissant tant les Iraniens que les Américains faire face aux conséquences.